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L’incendie de fin juillet 2026 a détruit plusieurs dispositifs scientifiques majeurs d’INRAE

L’incendie de fin juillet 2026 a détruit plusieurs dispositifs scientifiques majeurs d’INRAE, dédiés à la recherche forestière

Déclaration du personnel concerné

Déclaration du personnel des 3 unités de recherche concernées par la perte de leurs dispositifs de recherche

Une perte scientifique majeure

Malgré l’engagement remarquable des sapeurs-pompiers et des nombreux volontaires de l'Unité Expérimentale Forêt Pierroton (UEFP), l’incendie d’une intensité exceptionnelle, qui s’est déclaré à Saumos le 22 juillet avant de se propager rapidement jusqu’aux portes de la commune de Cestas, a détruit plusieurs dispositifs d’observation et d’expérimentation.  A ce jour, les deux arboretum ont été épargnés.

Sur le domaine de Castillonville (Espace naturel sensible du Département de la Gironde) :

  • ORPHEE sur l’effet des mélanges d’espèces sur les services écosystémiques,
  • XYLOSYLVE sur les itinéraires sylvicoles « biomasse »,
  • deux dispositifs croisant génétique et scénarios de densité visant à modéliser la croissance du pin maritime,
  • un autre regroupant des ressources génétique du chêne, ainsi qu’une grande partie du conservatoire des ressources génétiques du pin maritime

 ∗ Sur d’autres sites de l’emprise du « feu de Saumos » :

  • des dispositifs des GIS Coop et GPMF
  • un réseau de parcelles de suivi de dégâts de l'armillaire
  • un dispositif de suivi des abeilles sauvages sous les emprises de ligne haute-tension au sein de boisements de pin maritime selon plusieurs modalités de gestion de la végétation 

Sur le domaine de l’Hermitage

  • un  dispositif  d'analyse du développement racinaire de pins plantés et semés, dommage collatéral d'un débroussaillement préventif réalisé pour éviter la propagation de l’incendie vers Cestas.

Ces infrastructures (présentées dans la plaquette de présentation associée)  constituaient un patrimoine scientifique unique. Certaines étaient suivies depuis plusieurs décennies et documentaient les effets du dérèglement climatique sur les arbres et les organismes associés, l’impact des bio-agresseurs sur les écosystèmes forestiers, les capacités d’adaptation des forêts face aux perturbations multiples ainsi que les itinéraires sylvicoles permettant de concilier production de bois, préservation de la biodiversité et adaptation aux changements environnementaux. 

Cette perte affecte des programmes de recherche inscrits dans des réseaux scientifiques de référence à l’échelle nationale, européenne et internationale, dont les résultats contribuaient déjà à préparer les forêts aux multiples aléas qu’elles subissent.

Une catastrophe qui renforce la nécessité de la recherche

Les incendies qui ont frappé le massif forestier des Landes de Gascogne illustrent la multiplication des aléas auxquels les forêts sont désormais confrontées. Sécheresses, incendies, tempêtes, agents pathogènes et bio-agresseurs se combinent et fragilisent durablement les écosystèmes forestiers. 

Les dispositifs aujourd’hui détruits avaient précisément été conçus pour produire les connaissances indispensables à cette anticipation et, pour tester et évaluer des solutions d’adaptation les plus pertinentes avant leur déploiement à grande échelle. Leur disparition rappelle avec force combien ces recherches sont devenues essentielles.

 Au-delà des infrastructures elles-mêmes, souvent équipées de capteurs mesurant les variations de croissance des arbres et les paramètres physiques de leur environnement, c’est la continuité de suivis engagés depuis plusieurs décennies et leur prolongation jusqu’à des stades de maturité avancés qui sont dorénavant compromises.

« Chaque dispositif était conçu pour répondre  à des questions de recherche nécessitant des observations menées sur du temps long. C’est ce temps qui vient d’être brutalement interrompu. A titre d’exemple, le conservatoires des ressources génétique réunissaient plusieurs générations de travaux de sélection qui ont débuté dans les années 1960 ! On ne recrée pas cela en quelques années. »

Reconstruire pour poursuivre notre mission

Cette catastrophe met un terme brutal à plusieurs expérimentations, mais ne remet pas en cause l’engagement des équipes de recherche. Dans un premier temps, les collègues de l’UEFP ont été mobilisés aux côtés des sapeurs-pompiers pour sécuriser le site soumis  à des départs de feu, et préparer la reprise des activités. 

Fortes de leur implication dans les programmes régionaux (ex. GRIFON), nationaux (ex. FORESTT) et européens (ex. OptFORESTS), et engagées dans la structuration de l’infrastructure de recherche In-Sylva France et sa déclinaison européenne In-Sylva Europe, les équipes -en synergie avec leurs partenaires académiques et les professionnels- engageront la conception d’une nouvelle génération de dispositifs expérimentaux, capables de répondre aux enjeux scientifiques et sociétaux des décennies à venir. 

L’histoire donne à cette catastrophe une résonance particulière. L’installation de la recherche forestière sur le domaine de l’Hermitage, en 1950, faisait directement suite à l’incendie d’août 1949 qui détruisit 50 000 ha de forêt dans les communes de Saucats, Mios, Cestas Marcheprime et Le Barp. Plus de soixante-quinze ans plus tard, alors que le dérèglement  climatique accroît le risque d’incendie, cette ambition demeure plus que jamais nécessaire.

Les nombreux témoignages de soutien reçus de la communauté scientifique, des partenaires de la recherche, des gestionnaires forestiers, des collectivités et des acteurs des territoires rappellent que ces infrastructures constituaient un patrimoine scientifique collectif. Cette solidarité sera un levier essentiel pour reconstruire, poursuivre les recherches et continuer à produire les connaissances nécessaires à l’adaptation des forêts. 

« Nous avons perdu des dispositifs de recherche, mais pas la détermination des équipes ni la mission qui nous rassemble : produire les connaissances dont les forêts auront besoin demain. »

03/08/2026 - Le personnel des unités BIOGECO UEFP ISPA

Flyer de deux pages qui décrit les grands dispositifs de recherche de Castillonville dont la plupart ont été incendiés

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Quelques photos des dispositifs incendiés

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